10 février 2026

Point d'information sur le projet PORTALIS

Numérique

Le projet Portalis constitue une transformation structurelle et impactera directement l’activité des avocats ainsi que le fonctionnement et l’utilisation des services numériques du Conseil national des barreaux.

L’outil « PORTALIS » prend ainsi en réalité la forme de trois portails :

  • le portail pour les justiciable (comme évoqué « Justice.fr »), ou « PJUS »,
  • le portail pour les juridictions, ou « PJUR »,
  • le portail pour les partenaires, destiné aux auxiliaires de justice et notamment celui concernant les avocats (PPA) sur lequel le Conseil national des barreaux (CNB) travaille, en lien avec la Chancellerie.

Afin d’obtenir plus d’informations sur les deux premiers portails, il est possible de se référer :

  • pour le portail du justiciable : au rapport « Portalis : présentation, enjeux et perspectives » présenté par la Commission Numérique lors de l’Assemblée générale du CNB du 9 avril 2021.
  • pour le portail des juridictions : au rapport d’étape « Portalis » présenté par la commission Numérique lors de l’Assemblée générale du CNB du 5 avril 2024.

Afin de suivre l’avancement du projet « Portalis » et ses déploiements ainsi que de mieux coordonner côté CNB les actions d’accompagnement des avocats et anticiper l’ensemble des impacts notamment pour les applicatifs édités par l’institution comme e-Barreau, une instance de pilotage mensuelle, que le CNB réclamait de longue date, a été mise en place depuis octobre 2025, en plus des réunions régulières classiquement tenues, regroupant les équipes du projet Portalis d’un côté et la Commission Numérique, la Direction juridique et la Direction des systèmes d’information (DSI) du CNB de l’autre.

Le présent rapport a ainsi pour objet de faire état des récents travaux menés entre le Conseil national des barreaux et le ministère de la Justice concernant le portail partenaires Avocats et son expérimentation par Philippe Baron, Président de la Commission Numérique, et d’informer ainsi les avocats tout autant des avancées du projet que des points d’attention relevés en l’état des informations recueillies à date.

Le calendrier consolidé de Portalis et annoncé par la direction de projet est à date le suivant :

  • déploiement volontaire dans les conseils de prud'hommes (CPH) à compter de 2026,
  • déploiement progressif et par vague dans les tribunaux judiciaires à partir de mai 2026, avec une première utilisation effective pour les 47 premiers TJ concernés prévue pour juin-juillet :
    • de mai 2026 à la fin de l’année 2027 pour les matières non spécifiques,
    • à partir du second semestre 2027 jusqu’au premier semestre 2028 pour les matières spécifiques, déploiement dans les cours d’appel à compter de 2028 (sans planning affiné à date)

 

Le calendrier est jugé ambitieux par la Commission Numérique et la Direction des systèmes d’information du Conseil national des barreaux, notamment pour la bascule des tribunaux judiciaires à partir de juin 2026 sur PORTALIS. Ce calendrier imposé risque de générer une surcharge opérationnelle supplémentaire de plusieurs directions du Conseil national des barreaux et de sa Commission Numérique.

A ce jour, les modalités précises de migration ne sont pas totalement arrêtées et documentées.

Concernant l’articulation entre les applications e-Barreau et PORTALIS, certaines fonctionnalités essentielles doivent encore être précisées à date. A titre d’exemple :

  • la communication électronique pénale,
  • l’accès via un smartphone ou une tablette au PPA qui ne peut fonctionner tant que l’authentification via le compte e-Dentitas sans clé n’est pas permise,
  • les options avancées d’authentification (connexion via login / mot de passe + code OTP) et de gestion fine de la délégation,
  • l’interfaçage avec les logiciels de gestion de cabinet.

 

Il a été évoqué que, durant une phase transitoire pendant un temps indéterminé, les avocats devront consulter et traiter certains dossiers via e-Barreau et d’autres via PORTALIS.

Le Conseil national des barreaux, ayant compris de longue date que les professionnels seraient obligés de travailler avec les deux outils, a toujours alerté et demandé au ministère que des notifications soient configurées et activées.

De fait, il subsiste dans la pratique un risque bien réel de confusion sur la localisation du dossier par les professionnels car son information ne pourra avoir lieu uniquement que par le biais d’un statut ajouté au dossier nécessitant une authentification préalable de la part de l’avocat sur les différentes applications évoquées.

Les travaux engagés montrent une réelle dynamique coté ministère mais les sujets identifiés – calendrier, qualité, périmètre fonctionnel, accompagnement – nécessitent une vigilance accrue.

Le Conseil national des barreaux réaffirme sa disponibilité pour poursuivre les travaux tout en soulignant la nécessité de sécuriser la trajectoire, d’améliorer la qualité des tests et de garantir la couverture fonctionnelle indispensable aux avocats.

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