25 avril 2019

Cérémonie officielle du centenaire du barreau de Beyrouth - 16 avril 2019

Affaires européennes et internationales

Discours de Christiane Féral-Schuhl à l'occasion de la cérémonie officielle du centenaire du barreau de Beyrouth le 16 avril 2019.

Monsieur le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth,

Mesdames et Messieurs les Bâtonniers,

Madame et Messieurs les membres des Conseils de l’Ordre

Madame la Présidente de la commission du Centenaire,

Monsieur le Président de la Commission des relations internationales, cher Joe Karam,

Mesdames et Messieurs les hautes personnalités,

Chers Confrères,

Chers amis,

Je ne peux pas commencer ce discours sans évoquer le drame de la Cathédrale Notre Dame de Paris, ravagée la nuit dernière par les flammes.

Je sais que nous pourrons une fois encore, rebâtir ce qui a été détruit.

Nous saurons le faire.

Je sais ce que veut dire ici, à Beyrouth, la destruction, l’anéantissement, la disparition du patrimoine.

Et je sais aussi pouvoir compter sur nos amis libanais pour toujours faire renaître l’espérance, relever les pierres, raviver les esprits.

C’est aujourd’hui un grand honneur et une grande émotion que d’être une fois encore parmi vous dans ce pays que j’aime tant et qui m’est si proche.

Cette fois encore, mais pour une occasion historique : pour commémorer, à vos côtés, le centenaire d’un barreau hors du commun.

Les avocats de France se devaient d’être présents et ils sont venus.

Ils sont - presque - tous là!

A travers le Conseil national des barreaux, que j’ai la chance de présider et qui représente les 68 000 avocats de l’hexagone.

Par la présence de Madame le bâtonnier de Paris, Marie-Aimée Peyron et de son vice-bâtonnier Basile Ader. Et encore de Monsieur le bâtonnier élu de Paris, Olivier Cousi et de sa vice-bâtonnière élue, Nathalie Roret.

Par celle du bâtonnier de Lyon, Farid Hamel, qui vient de signer avec votre barreau cette convention de jumelage, ainsi que de son ancien bâtonnier Adrien Dana,

Par celle du Bâtonnier des Hauts-de-Seine, Monsieur Vincent Maurel,

Par celle du barreau de Caen, représenté par son ancien Bâtonnier, Robert Apéry.

Je salue également la présence des avocats des autres pays, et notamment du bâtonnier de Tripoli, et du bâtonnier élu du Sénégal,

Ainsi que la présence de la Conférence internationale des Barreaux, représentée par son trésorier, Maître Dominique Tricaud,

De l’Union internationale des avocats, représentée par son Président d’honneur,

Ainsi que de l’Union des avocats arabes.

Oui, nous sommes venus en nombre non pas seulement parce que nous vous aimons.

Mais pour vous dire, le plus solennellement possible, que vous êtes un exemple pour nous tous.

“Si vous avez compris quelque chose au Liban, c’est qu’on vous l’a mal expliqué” dit très justement le grand historien français Henry Laurens.

Je serai donc prudente mais je crois avoir compris pourquoi cet anniversaire est un rendez-vous avec l’histoire d’un pays.

Oui, je le crois, l’histoire de votre barreau se confond avec celle de l’Etat du Liban.

C’est en construisant leur Ordre que les avocats ont bâti leur pays.

En un siècle, votre barreau a donné au Liban 10 présidents de la République, 9 premiers ministres et 5 présidents du Parlement.

C’est ici qu’a germé la graine de l’indépendance.

C’est ici, dans vos murs, que la Nation libanaise a pu panser ses plaies et toujours maintenir le dialogue vital et nécessaire à la réconciliation.

C’est ici, dans ces murs, que se dessine aujourd’hui l’avenir de votre pays.

Et l’avenir du Liban, c’est l’avenir de tout le Moyen-Orient.

Alors oui, votre barreau est un modèle pour tous les avocats de France et d’ailleurs.

Voir nos Confrères libanais peser autant dans la vie de leur pays, c’est un exemple que nous aimerions pouvoir suivre.

Vous voir bâtir une Nation par le droit quand ailleurs la violence semble dicter la loi nous force au respect.

Partout dans le monde le droit vacille.

Ici, des femmes et des hommes qui portent la robe lui ont donné une terre d’asile.

Pour paraphraser un proverbe de votre pays, “le droit a, comme un feu, flammes, fumée et cendres.”

Ici vous entretenez ce feu, vous attisez ces flammes de l’esprit juridique pour que notre monde ne retombe pas en cendres.

De tout cela nous voulons vous remercier.

Une fois encore, la vieille Europe regarde vers l’Orient pour trouver son salut.

Elle y voit des amis et des frères fidèles au même serment.

Et dans cent ans, cette flamme commune aux avocats de Beyrouth, du Liban et de France brillera encore d’un bord à l’autre de la Méditerranée.

Je vous souhaite, Monsieur le bâtonnier, à tous mes Confrères libanais, un nouveau siècle riche d’engagement, d’unité, et d’influence.

Je vous remercie.

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